Anciennement maraîcher à son compte à la Ferme des Champs Verts à Connerré pendant plus de vingt ans et fournisseur historique du Fenouil, Denis Besson est désormais salarié à la Ferme des Champs Romet à Saint-Fulgent-des-Ormes près de Mamers.
Nous l’avons retrouvé dans les champs pour découvrir sa nouvelle activité de paysan-maraîcher.




Un petit coin de terre bio
Denis occupe 7 hectares convertis en agriculture biologique à la frontière de l’Orne et la Sarthe sur une ferme familiale spécialisée dans l’élevage porcin.
La terre limono-argileuse contient très peu de cailloux et est idéale pour les variétés sélectionnées par Denis. Sur quatre parcelles de plein champ, il cultive principalement des courges, des poireaux, des carottes et des choux : « La rotation est organisée entre ces quatre carrés, ça roule bien. Il y a aussi les fraises qui sont à part, mais elles ont une rotation plus longue. »




La ferme possède un puits qui alimente les parcelles et les 1500 m2 de serres : aspersion en priorité pour les légumes-feuilles et goutte-à-goutte pour les légumes-fruits afin de limiter le risque de maladies fongiques. « La terre reste bien fraîche et humide grâce à la dominance d’argile, on tient facilement une semaine entre deux arrosages. »
Deux demi-tunnels mobiles complètent le paysage, mais Denis avoue qu’ils sont en réalité difficilement déplaçables : trop lourds, profondément ancrés dans le sol, avec des arceaux qui ploient sous le poids des bâches et les assauts du vent. Qu’à cela ne tienne, ils resteront où ils se trouvent !




Une belle maîtrise des semis
À part quelques pieds de tomates, d’aubergines, de poivrons et de salades, Denis prépare tous ses semis dans la pépinière et est (généralement) un spécialiste des légumes-feuilles : « Bon, la mâche, c’est une histoire d’amour et de haine cette année… Malgré tout ce que j’ai essayé, ça n’a pas pris. »
C’est un changement par rapport à l’époque où il était à son compte et où il n’achetait aucun plant, mais il est dans son élément à l’intérieur de la petite serre.




Le coût des semences bio reproductibles a flambé ces cinq dernières années, la gestion du budget est serrée et mûrement réfléchie : « Tout se compte, les graines, les planches, le terreau… On prend le temps de faire les choses correctement, mais on n’a pas, ou plus, le luxe de se tromper et de recommencer plusieurs fois. »
Heureusement, la quantité et la qualité des plants visibles sur les tables de préparation de semis témoignent de son expérience.




Des centaines de godets de fraisiers s’étendent d’ailleurs à côté de la pépinière pour remplacer ceux qui sont tombés malades l’année dernière. « À raison de 40 pieds par plaque, ça en fait de la fraise ! »
Pas d’achat de plants ni de bouturage, il a lancé les semis lui-même en août et ça a été un vrai succès. « Ils ne sont pas très beaux comme ça, mais ils sont prêts. J’attends juste une ou deux semaines sans pluie pour les mettre en terre. »




Quand on lui demande si les légumes-feuilles qu’il cultivait autrefois sur un terrain plus sableux lui manquent, la réponse est négative. « En fait j’aime beaucoup la carotte rouge », confie Denis, « c’est une variété robuste et rustique que je cultive sous paille et qui se conserve bien. Elle a tendance à être moins crochue et véreuse que d’autres, c’est probablement aussi lié à la qualité de la terre ici. »
Les carottes sont semées à partir du 15 mai jusqu’à mi-juillet en trois passes pour lui permettre de les désherber manuellement et d’entretenir les lignes. Une fois récoltées, comme la plupart des légumes-racines, elles sont lavées… dans une bétonnière : « C’est pratique, rapide, efficace et économe en eau. Plus de maraîcher·es devraient utiliser cet ouil insoupçonné ! »




L’activité maraîchère de la ferme nécessite actuellement la présence de deux personnes à plein temps, Denis et un·e saisonnier·e.
La prairie voisine des planches de culture de Denis est dans sa première année de conversion : « On y proposera des citrouilles pour Halloween à l’automne, puis on y plantera d’autres fraisiers pour la deuxième année de conversion à partir de laquelle on pourra vendre les produits en bio. » Des projets à suivre !
