Les Jardins de Nicolas, ferme maraîchère bio

Installé sur un hectare de terres familiales situées en plein cœur du bourg de Neuvillalais, Nicolas Jardin est maraîcher bio depuis 2018, après un parcours professionnel atypique et varié.

Un parcours atypique

Nicolas est passionné par le maraîchage depuis son plus jeune âge : « À dix ans, je vendais déjà à mes voisins des paniers de légumes que je cultivais dans l’immense potager de mes parents », raconte-t-il.

Après un BTS comptabilité et gestion agricoles au lycée de la Germinière à Rouillon, il travaille dans une ferme industrielle pendant deux ans et réalise que ce modèle ne lui convient pas. Il passe ensuite deux ans dans des restaurants gastronomiques à Saint-Tropez et au Pays basque, avant de se reconvertir une première fois et de devenir conseiller financier dans une banque.

Cinq ans plus tard, alors qu’une fracture du pied l’immobilise plusieurs mois, il réfléchit sérieusement au sens qu’il veut donner à la suite de sa carrière professionnelle.

« Avec les années, j’ai acquis la conviction qu’on ne devient pas maraîcher à 20 ans, il faut avoir un peu vécu avant de se lancer. Moi j’ai visité des fermes, j’y ai travaillé et puis j’ai laissé passer le temps. » Lorsque l’opportunité se présente à 30 ans, il la saisit.

Nicolas a eu la chance de se former chez Alain Passard, chef d’un restaurant étoilé, et chez Jean et Bérengère de la Ferme de la Muzerie à Joué-L’Abbé : « Leurs conseils ont été extrêmement précieux et m’ont permis de mieux appréhender le travail de maraîcher », explique-t-il fièrement. « J’entends encore Jean me dire : prends ton temps, galère quelques saisons et ensuite tu sauras de quel matériel tu as besoin. »

En complément, Nicolas suit un stage de paysan créatif et est accompagné par la Coopérative d’installation en agriculture paysanne : « La CIAP a été un vrai tremplin qui m’a permis de passer de jardinier à maraîcher », confie-t-il.

Il bénéficie également du dispositif de portage temporaire d’activité grâce auquel il sécurise la première année de création de son entreprise : responsabilité partagée et mutualisation de la gestion et de la comptabilité, suivi individualisé par les professeurs de la CIAP et accompagnement par un paysan du territoire référent.

Une ferme à taille humaine

Lorsqu’il s’est lancé, Nicolas s’est fortement inspiré de Jean-Martin Fortier, célèbre agriculteur, enseignant, entrepreneur et écrivain québécois qui a développé un modèle de ferme maraîchère économiquement viable à échelle humaine sur une petite surface.

Il a cependant dû adapter cette méthode de micro-ferme à la réalité du terrain : sur l’hectare qu’il occupe, Nicolas exploite 5500 m2 de champ et de serres, mais le terrain en forme de L complique fortement la circulation des machines. La terre argilo-limoneuse-sableuse est lourde, met du temps à chauffer et produit des cultures tardives.

Grâce au puits présent sur place, il a pu installer un système de goutte-à-goutte dans toutes les serres et d’aspersion en extérieur, en l’automatisant pour réguler la consommation d’eau ; en cas de météo venteuse, l’aspersion est par exemple réduite.

« J’ai fait de mon mieux pour valoriser l’espace disponible en installant 1000 m2 de serres et en mécanisant certains postes pour préserver ma santé. Je suis papa depuis peu, j’aime mon métier et je veux pouvoir l’exercer longtemps.« 

Même les espaces où le tracteur ne peut pas passer sont mis à contribution : on trouve des fraises au bord des planches à l’intérieur des serres et des pieds de rhubarbe à l’extérieur !

Les premières années, alors qu’il travaillait principalement pour des restaurants dont les demandes sont très spécifiques (variétés originales, petits calibres…), il préparait l’intégralité de ses plants, malheureusement c’est devenu trop chronophage ; la saison prochaine, il déléguera cette tâche à un autre producteur.

Nicolas compte beaucoup sur la biodiversité de son terrain : des haies sauvages qui abritent des coccinelles, les meilleurs auxiliaires contre les pucerons ; des bandes enherbées entre les arbres fruitiers ; des soucis qui accueillent les prédateurs des ravageurs dans les serres…

« Il faut avoir conscience des difficultés et être constamment vigilant. Pour avoir des résultats, il faut être à la ferme tous les jours. Être maraîcher, c’est un métier dur qui demande de l’investissement, mais qui est tellement valorisant« , conclut-il.

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