Ferme de la Moncesière, légumes bio diversifiés

Installée à Coulans-sur-Gée depuis 2016 et résolument engagée pour le vivant, Eloïse de Beaucourt est à la tête d’une ferme maraîchère et produit des légumes bio diversifiés de saison.

Une reconversion profondément engagée

Après une carrière d’assistante de mise en scène dans le monde du cinéma et de l’audiovisuel, Éloïse devient maraîchère bio fin 2016 pour travailler au rythme des saisons et préserver l’environnement.

« La version courte de l’histoire de la ferme ? Une longue réflexion sur ce que peut faire une femme seule en agriculture et la réalisation que j’avais une affinité particulière pour le maraîchage », confiait-elle à l’époque dans un entretien avec Ouest-France.

Le déclencheur de cette reconversion professionnelle a été la construction d’une ligne de train à grande vitesse sur une partie des terres boisées du château de ses parents qui l’a bouleversée. Elle quitte alors Paris pour retrouver la campagne sarthoise.

Pendant cinq ans, elle se forme au lycée agricole La Germinière de Rouillon et enchaîne les stages chez d’autres paysans et paysannes, notamment chez Théophile Briffaut de la Ferme du Gros Chesnay à Fillé-sur-Sarthe.

Une vocation : faire triompher le vivant

Elle s’installe en novembre 2016 sur un peu moins d’un hectare à quelques pas du château familial et est rejointe par son conjoint, Clément Sébille. Fils d’agriculteurs, il est en charge de l’atelier bovins sur la ferme et conduit en pâture une dizaine de vaches allaitantes, principalement de race normande.

« Tout le monde ne se mobilise pas pour défendre la terre, […] l’air qu’on respire, le sol qui nous nourrit, tout le monde n’a pas encore envie de rentrer dans ce combat, ce que je comprends », raconte-t-elle dans le documentaire « Réparer la terre : sur les pas d’Éloïse », produit et réalisé par son ancienne professeure de français, qui témoigne de son parcours de reconversion et de son engagement.

« Les gens ont été obligés d’abandonner ce côté vivant. […] Peu ont la chance de pouvoir accéder à leurs rêves et quand on est agriculteur, ce n’est qu’un métier de passion. Cette génération de personnes qui retournent à la terre est une nécessité vitale pour l’agriculture française. »

En 2020, le couple acquiert 43 hectares supplémentaires et accueille un premier salarié en CDI qui reste deux ans à la ferme. « On aimerait à terme protéger 90 hectares du constructible et en faire des prairies bio, y planter des arbres fruitiers, y cultiver des céréales pour les vaches… pour faire triompher le vivant. »

Un travail minutieux mais colossal

Le jour où nous rendons visite à Éloïse, il a beaucoup plu, la terre est lourde, l’argile ressort du sol. « Les parcelles que j’ai récupérées étaient fatiguées, épuisées, vidées. Le maraîchage sur sol vivant s’est imposé comme une évidence », explique-t-elle en écrasant une motte de terre entre ses doigts.

Pour irriguer ses cultures, elle puise l’eau dans les douves du château, mais il a d’abord fallu les vidanger et les curer, un travail colossal.

Elle fabrique son propre terreau grâce à son foin, des branches collectées sur le domaine, toute la matière organique disponible à la ferme : « Ça demande 18 mois de travail et de patience, mais ça vaut le coup. »

La ferme accueille également des oies et des canards coureurs indiens qu’Éloïse lâche entre les planches de culture et dans les 1000 m2 de serres pour dévorer les limaces ; « bon, ils aiment aussi beaucoup les salades et les pois mangetout, mais ce sont de merveilleux auxiliaires. »

À ses débuts, Eloïse préparait ses propres plants en pépinière, mais elle s’est ensuite limitée à certains légumes pour diminuer l’utilisation des tables chauffantes, en particulier pour les aubergines, concombres, tomates, céleris-raves… et se libérer plus de temps.

Elle les achète désormais à Marie Desiles, rencontrée lors de son stage chez Théophile Briffaut.

Réparer les serres qui ont souffert lors des dernières tempêtes, développer le troupeau de vaches allaitantes, repenser les marchés à la ferme, exploiter le verger bio…

Éloïse et Clément ont de nombreux projets en tête pour améliorer le fonctionnement de la Moncesière tout en profitant de leur vie de famille en parallèle : « Je suis convaincue qu’en tant que paysans nature, on doit être porteurs de transmission, surtout pour les enfants. »

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