Le prix chez Biocoop

« La bio est-elle chère ? » Voilà une question passionnante que tout le monde se pose ! Mais le prix, finalement, sert à payer qui ? Ou quoi ?

Un prix juste, c’est quoi ?

Un prix doit être acceptable pour le consommateur, équitable pour le producteur et avec une marge honnête prise par le distributeur. Force est de constater que le modèle dominant ne permet pas aujourd’hui à tout le monde de s’en sortir aussi bien.

Quel avenir pour la bio si elle pousse à reproduire un modèle agricole basé sur l’importation et le prix le plus bas, faisant jouer la concurrence en permanence ? Quelle serait la bio de demain si elle était basée sur un modèle social qui ne donne pas au salarié les moyens de vivre de son travail et, accessoirement, de consommer ?

Quel monde laisserions-nous si le modèle économique choisi était celui qui ne fait qu’enrichir les plus riches et ne répartit pas la valeur entre tous ? Comment vivrions-nous demain si le modèle environnemental ne permet pas de maintenir notre écosystème à long terme ?

Un effort conjoint des acteurs de la chaîne

C’est ce difficile équilibre que nous tentons de réaliser depuis plus de trente ans chez Biocoop. Il est vrai qu’une gouvernance coopérative, assurée aussi bien par des producteurs et des consommateurs que par des salariés et des gérants de magasins, aide à avoir une vision globale des préoccupations de chacun des maillons de la chaîne.

En effet, la bio coûte plus cher à produire : moins de rendements, plus de risques agronomiques, plus de main-d’œuvre, surtout si nous faisons des choix engagés tels que produire au plus proche (au niveau local ou au moins en France), privilégier une agriculture paysanne à taille humaine, exiger du 100 % bio (nourriture animale par exemple), promouvoir un modèle social vertueux (économie sociale et solidaire, ou ESS), respecter l’environnement (pour éviter les coûts cachés).

Cependant, on peut rendre les prix des produits bio accessibles pour le consommateur en distribuant uniquement des produits de saison, en réduisant les emballages et en développant le vrac, grâce à un effort conjoint des acteurs de la chaîne pour rendre les produits de base accessibles… En prime, ces actions auront un impact positif sur l’environnement.

Il existe des solutions pour ne pas reproduire les erreurs du modèle actuel et c’est ce qu’attendent de la bio les consommateurs d’aujourd’hui et les générations futures. Il n’y a qu’à lire la presse : la bio est vue comme une solution qui doit permettre de faire évoluer les pratiques et de sortir d’une logique de marché qui tire le prix et la qualité vers le bas pour aller vers un modèle de commerce plus humain, plus écologique, plus cohérent, où la valeur est répartie du producteur au consommateur, sans oublier les salariés.

Mais cela devra passer par un changement de culture important mais nécessaire, dans lequel la distribution aura son rôle à jouer et une transformation à opérer : promouvoir un autre commerce, influencer un autre modèle agricole, une logique environnementale plus engagée, voire un modèle de gouvernance beaucoup plus proche de l’ESS.

La bio est-elle chère ?

Chez Biocoop, notre mission est claire depuis longtemps : permettre le développement d’une bio à valeur, grâce à une distribution vertueuse et basée sur un modèle où le collectif prime toujours. Alors, non la bio n’est pas « trop » chère, mais son prix doit être juste, juste pour tous.

Source : Biocoop pour LSA N°2570 du 12 septembre 2019