Le prix chez Biocoop

“La bio est-elle chère ?” : voilĂ  une question passionnante que tout le monde se pose ! Mais le prix, finalement, sert Ă  payer qui ? Ou quoi ?

Qu’est-ce qu’un prix juste ?

Pour le réseau de magasins bio Biocoop, un prix doit impérativement respecter trois règles :

  1. il doit ĂŞtre acceptable pour le consommateur,
  2. tout en Ă©tant Ă©quitable pour le producteur,
  3. et il doit permettre au distributeur de prélever une marge honnête.

Force est de constater que le modèle dominant ne permet aujourd’hui pas Ă  tout le monde de s’en sortir aussi bien…

Quel avenir pour la bio si elle pousse Ă  reproduire un modèle agricole basĂ© sur l’importation et le prix le plus bas, faisant jouer la concurrence en permanence ? Quelle serait la bio de demain si elle Ă©tait basĂ©e sur un modèle social qui ne donne pas au salariĂ© les moyens de vivre de son travail et de consommer ?

Quel monde laisserions-nous si le modèle économique choisi était celui qui ne fait qu’enrichir les plus riches et ne répartit pas la valeur entre tous ? Comment vivrions-nous demain si le modèle environnemental ne permettait pas de maintenir notre écosystème à long terme ?

Un effort conjoint des acteurs de la chaîne

C’est ce difficile Ă©quilibre que Biocoop tente de rĂ©aliser depuis plus de trente ans. Il est vrai qu’une gouvernance coopĂ©rative, assurĂ©e aussi bien par des producteurs et des consommateurs que par des salariĂ©s et des gĂ©rants de magasins, aide Ă  avoir une vision globale des prĂ©occupations de chacun des maillons de la chaĂ®ne.

En effet, la bio coĂ»te plus cher Ă  produire :

  • moins de rendements et plus de risques agronomiques,
  • plus de main-d’œuvre, surtout si nous faisons des choix engagĂ©s tels que produire au plus proche (au niveau local ou au moins en France),
  • privilĂ©gier une agriculture paysanne Ă  taille humaine,
  • exiger du 100% bio (nourriture animale par exemple),
  • promouvoir un modèle social vertueux (Ă©conomie sociale et solidaire, ou ESS),
  • respecter l’environnement pour Ă©viter les coĂ»ts cachĂ©s…

Cependant, on peut rendre les prix des produits bio accessibles pour le consommateur en distribuant uniquement des produits de saison, en rĂ©duisant les emballages et en dĂ©veloppant le vrac, grâce Ă  un effort conjoint des acteurs de la chaĂ®ne pour rendre les produits de base accessibles… En prime, ces actions auront un impact positif sur l’environnement.

Il existe des solutions pour ne pas reproduire les erreurs du modèle actuel et c’est ce qu’attendent de la bio les consommateurs d’aujourd’hui et les générations futures.

Il n’y a qu’à lire la presse : la bio est vue comme une solution qui doit permettre de faire Ă©voluer les pratiques et de sortir d’une logique de marchĂ© qui tire le prix et la qualitĂ© vers le bas pour aller vers un modèle de commerce plus humain, plus Ă©cologique, plus cohĂ©rent, oĂą la valeur est rĂ©partie du producteur au consommateur, sans oublier les salariĂ©s.

Cela devra passer par un changement de culture important mais nĂ©cessaire, dans lequel la distribution aura son rĂ´le Ă  jouer et une transformation Ă  opĂ©rer : promouvoir un autre commerce, influencer un autre modèle agricole, une logique environnementale plus engagĂ©e, voire un modèle de gouvernance beaucoup plus proche de l’ESS.

La bio est-elle chère ?

Chez Biocoop, notre mission est claire depuis longtemps : permettre le dĂ©veloppement d’une bio paysanne locale et accessible, grâce Ă  une distribution vertueuse et basĂ©e sur un modèle oĂą le collectif prime toujours. Alors, non la bio n’est pas « trop » chère, mais son prix doit ĂŞtre juste, juste pour tous.

Source : Biocoop pour LSA N°2570 du 12 septembre 2019