La Ferme du Petit Fouillet, ferme maraîchère bio

Installés à Roézé-sur-Sarthe, Clara Feldmanstern et Florian Adam sont associés en groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) à la Ferme du Petit Fouillet et cultivent des légumes bio depuis 2024.

Deux associés expérimentés

Arrivée en France en 2010, Clara a plus de 20 ans d’expérience à son actif à New York, en Californie, à Paris, en Norvège, dans la Drôme : « À l’origine, je m’étais lancée dans des études de linguistique, sauf qu’un cours d’horticulture en option est rapidement devenu le meilleur moment de ma semaine… J’ai donc bifurqué. »

Elle obtient un master d’agroécologie à l’Institut supérieur d’agriculture Rhône-Alpes (ISARA) de Lyon, travaille pour Écocert, puis décroche un poste à l’abbaye de l’Épau dans le cadre de la création d’un jardin permacole.

Florian a quant à lui un master de droit international et européen ainsi qu’un master de journalisme. Après avoir travaillé pendant quelques années dans le sud de la France en tant que journaliste spécialisé dans l’environnement, l’écologie et l’agriculture, il atterrit au Maine Libre à Sablé-sur-Sarthe.

Il envisage alors une reconversion professionnelle en maraîchage, postule à l’abbaye de l’Épau pour y animer des visites pédagogiques et devient l’apprenti de Clara ; leur projet d’installation en GAEC commence à se construire.

La capacité professionnelle agricole étant attestée par un diplôme ou un titre homologué et permettant de bénéficier des aides à l’installation, Florian repasse un bac pro au lycée de La Germinière à Rouillon. Deux ans plus tard, il commence à travailler en tant que saisonnier chez d’autres maraîchers locaux comme Laurent Hamelin (Les Jardins de Souvré) et Dominique Trichard (Le Panier à Roulettes).

Une ferme autonome et efficace

Pour monter leur projet, Clara et Florian ont été accompagnés par le groupement des agriculteurs bio (GAB) de Sarthe. « On a sollicité plusieurs mairies pour accéder au foncier et on a mis un an et demi à trouver un terrain qu’on a dû convertir en bio », racontent-ils en déambulant entre les planches de culture.

Sur les six hectares disponibles, deux sont des prairies temporaires où ils cultivent du foin et de la paille qu’ils utilisent pour préserver l’humidité du sol dans leurs serres ; deux autres permettent d’effectuer une rotation grâce à des engrais verts. Un seul hectare est pour l’instant dédié au maraîchage.

« On a réussi à installer quatre serres en octobre dernier, il nous en reste une à monter », confient-ils. « On pensait débuter la saison en septembre, mais finalement les tomates ont donné dès cet été. »

En fonction des cultures, l’irrigation est soit au goutte-à-goutte, soit par aspersion ; « Ça a été notre plus gros investissement, neuf contrairement à tout le reste ou presque, mais c’était nécessaire. » Comme la plupart des fermes maraîchères en Sarthe, ils ont fait face à des restrictions d’eau cet été.

Grâce à une ferme voisine, ils bénéficient d’un apport en fumier régulier ; ils favorisent la biodiversité en disposant des plantes mellifères entre les pieds de tomates, poivrons, aubergines…

« On a dû labourer le sol quand on s’est installés parce qu’il était tassé et caillouteux, mais à partir de maintenant, on projette de travailler d’après les méthodes de maraîchage sur sol vivant. » Ils utilisent des voiles pour protéger les choux des maladies et des ravageurs, ils retirent les gourmands sur les pieds de tomates et plantent des soucis et des œillets, ils taillent les courgettes…

À part les patates douces (« la pépinière n’était pas prête à temps, on a fait appel aux Champs du Verdet »), tous les semis ont été préparés sur place à partir de semences bio reproductibles issues de variétés anciennes.

Les deux associés souhaitent continuer ainsi : « Je ne me vois pas ne pas faire les semis », souligne Clara, « c’est l’un des moments les plus magiques et sympas du maraîchage. »

Ils ont d’ailleurs récemment investi dans du matériel d’occasion et la pépinière est d’ores et déjà opérationnelle pour la saison prochaine : « Rien de décadent, juste quelques outils qui nous faciliteront la tâche, comme une petite motteuse pour nos plants ! » se réjouit Florian en allumant le presse-motte pour une courte démonstration.

« On a plein d’idées pour nos prochaines saisons : pas forcément que des choux et des navets en hiver, parce que les serres nous permettent de cultiver des épinards, des légumes-feuilles divers, pourquoi pas de la moutarde… »

Retrouvez les légumes bio et locaux de la Ferme du Petit Fouillet au Mans au Fenouil Biocoop Antarès et au Fenouil Biocoop Allonnes !

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